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Contexte et objectifs  
La banquise arctique maigrit à vue d’œil (de satellite) depuis trente ans, sa surface en fin d’été a diminué de 40% et son épaisseur moyenne de 50%, passant de 3m à 1,5m .La banquise  estivale  pourrait disparaître complètement vers  2030 , ce qui  aura des conséquences radicales sur le climat planétaire global. Même aidés des observations  satellitaires  les plus avancées, les modèles de prévisions climatiques actuels   sont incapables d’expliquer cette  accélération des processus ,. Il est donc urgent de mettre la banquise sous surveillance étroite et directe par des mesures de terrain , ce que font plusieurs programmes de recherche internationaux avec des moyens de surface variés :navires  brise-glaces, stations dérivantes, bouées automatiques  . Le catamaran des glaces de Sébastien Roubinet   (5m, 400kg…) semble bien dérisoire face à ces moyens lourds mais justement c’est un atout :grâce à sa légèreté et l’absence de propulsion mécanique, il  effleure l’Océan Arctique telle une libellule posée sur l’eau, sans perturber le milieu traversé. Engin hybride capable d’évoluer sur l’eau et sur la banquise, c’est donc une plateforme d’observation unique  pouvant fournir des données de premier choix ; la contrepartie est  évidemment que seuls des instruments scientifiques très légers  et peu énergivores ont droit d’asile à bord .
   

Les partenaires scientifiques
Trois manières d'envisager la science à travers la voie du pôle en collaboration étroite avec Sébastien et Vincent !

 

Dès le lancement du projet « La Voie du Pôle », Hervé Le Goff , ingénieur de recherche CNRS au laboratoire LOCEAN, a développé des instruments scientifiques spécifiques pour équiper son catamaran :

  1. un sondeur électromagnétique  pouvant mesurer en continu l’épaisseur de la banquise défilant sous les coques, associé à une centrale inertielle enregistrant les mouvements et la position du  bateau.
  2. une sonde CTD autonome, mesurant température, salinité et profondeur jusqu’à 250m sous la banquise.

L’intégration de tels instruments à bord d’un petit catamaran hybride avec des panneaux photovoltaïques pour seule source d’énergie   était une démarche novatrice, elle a nécessité une mise au point soigneuse lors de plusieurs campagnes de tests hivernaux au Québec en 2010 et 2011 .  Les données recueillies lors de la tentative de traversée du Bassin Arctique à l’été 2011 sont très prometteuses :

  1. de par leur qualité, elles valident en situation réelle les systèmes instrumentaux mis en œuvre à bord.
  2. les profils  d’épaisseurs de  glace ainsi obtenus en  période estivale (débâcle de la banquise), accompagnés de prises de vue vidéo régulières décrivant l’état de surface de la glace, sont des données précieuses  pour la validation des observations de CRYOSAT II, satellite de l’ESA (Agence spatiale Européenne) qui mesure l’épaisseur de la banquise par un système radar interférométrique, nécessitant des mesures in-situ simultanées pour sa calibration. Ce travail est effectué en collaboration avec  Christian Haas , professeur à l’Université de Toronto ( Canada) et responsable du « Arctic Sea ice Group » au sein du  consortium CRYOSAT. 
  3. Les profils de température /salinité de l’Océan sous la banquise permettent de  caractériser les masses  d’eau et leur évolution dans le contexte de  réchauffement accéléré  du Bassin Arctique. Cette étude est effectuée avec Marie-Noëlle Houssais, chercheur à LOCEAN (UMR 7159, CNRS/UPMC/IRD/MNHN Paris)

Roman Teisserenc, enseignant/chercheur à l'institut national polytechnique de Toulouse, travaille avec Sébastien depuis 2007. En collaboration avec des chercheurs du CNRS au sein du laboratoire écologique fonctionnelle et environnement "Ecolab", ils chercheront à retracer l'impact humain sur l'environnement arctique par :

  1. L'étude des sources de matières organiques sur la glace de mer (Cryoconite) cf. photo en pièce jointe
  2. L'analyse de trace de m étaux lourds
  3. Le suivi de la concentration de nitrate sur la glace
  4. Comprendre la formation de la glace de mer à travers l'analyse isotopiqueDes prélèvements d’échantillons d’eau et de banquise ont mis en évidence la présence d’azote ( nitrates ) et de métaux lourds . Cette étude cherche à caractériser la contamination potentielle des régions arctiques par des apports atmosphériques d’origine humaine .

Comme en 2007 sur Babouche (passage du Nord-Ouest), Robin Candau, Professeur/chercheur à la Faculté des Sciences du sport de l'université de Montpellier I, travaillera, avec son équipe sur deux points :

  1. Etude de cas en conditions extrêmes : Les facteurs de l’anxiété et de la fatigue lors d’une navigation arctique ; Le but de l'étude pourrait être d'examiner les altérations de la performance (ici distance couverte pondérée par l'état de la glace et du vent), des capacités cognitives et de l'état psychologique induites par la fatigue liée à l'effort physique fournit pour acheminer le bateau dans le dédale de blocs de glace, au froid, à l'humidité et au brouillard
  2. Etude de cas sur l'apport énergétique et la dépense énergétique au cours d'une navigation polaire extrême.

 

 

Projet 2013  
A la vue des enjeux et des résultats partiels  déjà obtenus, il parait primordial de mener à bien la traversée intégrale   « Alaska-Pôle Nord- Spitsberg » à l’été 2013. Obtenir des profils d’épaisseur de banquise , des sondages CTD et des échantillons de glace sur l’ensemble du trajet (3000 km) apportera  une contribution majeure au programme CRYOSAT , à la compréhension des phénomènes de fonte accélérée de la banquise  et des pollutions d’origine anthropique. Ce projet concrétise fructueusement  un partenariat entre des laboratoires de recherche publique et une expédition sportive menée dans un cadre associatif
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